17 janv. 2010

Tout va bien ?

Je dépose les clés de ma demeure d’un soir dans la boite aux lettres du curé et reprends ma route pour une journée de plus. Pour démarrer je traverse une belle pinède qui ressemble à la forêt des Landes, mais modèle réduit. En me levant ce matin je découvre qu’il a plu pendant la nuit. Le ciel est encore bien chargé et il tombe une petite bruine de temps à autre.
Ma route doit traverser le fleuve Ombrone, mais perdu dans mes rêveries, je manque le croisement. Ensuite c’est le questionnement classique « l’ai je dépassé ou pas ? » »Faut-il mieux faire demi-tour ou tenter de rattraper plus loin ? »
Voilà comment je me retrouve à Grosseto alors que je me suis évertué hier à éviter cette grande ville. Et lorsque je veux enfin reprendre ma via Aurelia, voilà qu’elle se mue en 4 voies interdite aux vélos. Je suis donc forcé de m’enfoncer dans les terres vers ces collines qui m’effraient déjà lorsque je regarde la sinuosité des routes sur ma carte. Plus rien ne sera jamais plat jusqu’à ce soir. le profil change du tout au tout. Les collines ne sont jamais très hautes, mais les pentes sont longues et très irrégulières. Combien de fois ai-je cru atteindre le sommet avant de me rendre compte qu’il ne s’agissait que d’un replat de 50 mètres avant une autre montée. Ce type de terrain est très usant et l’état des routes est assez difficile. Ca, c’est une constante depuis Livourne. Plus j’avance vers le sud et plus les routes sont mauvaises. Je passe malgré tout par de très belles cités fortifiées en haut de leurs collines et surplombant de larges vallées. A ce titre, Magliano et ses épaisses murailles me font grande impression. Je m’y arrête pour manger à l’abri devant l’église, il tombe quelques gouttes. L’après-midi, le temps s’améliore un peu et je découvre de jolis paysages de bocage. Tout est calme, seuls quelques moutons paissent dans de jolis prés bordés de haies naturelles. Arrivé à Pesia Florentina, minuscule hameau, mais qui dispute le championnat de foot local (nous sommes dimanche), toute la petite communauté m’invite à dormir dans les vestiaires assez austères, mais bien abrités. Dure journée, je me couche de très bonne heure : 19 heures !

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La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.
Albert Einstein.

La jeunesse est une victoire du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
Douglas MacArthur.

C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
Nicolas Bouvier.
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