Je quitte la côte et Passo Oscuro sans trop de regrets. Depuis quelques temps elle me pèse un peu, ça n’est ni plus ni moins qu’une succession de stations balnéaires et de ports industriels. Je traverse la via Aurélia sans pouvoir y accéder. J’aurais aimé entrer dans Rome par cette route qui m’a guidé pendant tous ces kilomètres, mais elle se refuse aux vélos pour le grand final. Je bascule donc vers le nord sur une petite route bucolique que se dessine devant moi. Elle monte d’abord en long faux plat avec une petite brise venue du nord. Heureusement le soleil est de la partie et cela promet d’être une belle journée. Arrivé à Tragliata, je prends enfin plein est, direction Rome. Mais là tout se corse. Les belles petites collines que j’aperçois sur ma droite me font maintenant face. Cette petite route ne s’embarrasse pas et grimpe tout droit avec des pourcentages impressionnants. Je croise deux panneaux indiquant une pente à 20% !! Si tous les chemins mènent à Rome, celui-ci est particulièrement tortueux…
La campagne traversée est très agréable à regarder. C’est une belle campagne verte avec quelques champs d’oliviers et des troupeaux de brebis. Difficile d’imaginer que l’on est à 15 km de la capitale italienne. Je prends mon mal en patience sur ces buttes qui me cassent les jambes en ce début de matinée. Puis j’arrive sur le périphérique extérieur et là tout change ! La circulation devient très dense et l’état de la route est une calamité. Ca klaxonne de partout, les voitures passent et se croisent dans une belle anarchie où le code de la route ne sert que de décoration avec des lignes continues et des panneaux que personne ne respecte. Je dois rester concentré au maximum pour éviter l’accident qui peut surgir à tout moment. C’est nerveusement très usant…Une fois passé le noyau dur, le centre ville est plus fluide et je peux rouler sur les trottoirs pour éviter le trafic. Ma première étape dans la ville est bien sur la place Saint Pierre dans le plus petit état du monde : le Vatican. Je trouve mon chemin assez facilement, aidé par quelques passants. La basilique resplendit sous ce beau soleil d’hiver, elle est jolie et sans fioritures et la symbolique du lieu transpire de chaque pierre de l’édifice. Je contemple la place de longues minutes en profitant de l’instant et du soleil. A 11h je dois repartir pour poursuivre ma visite. Je n’ai pas le temps d’entrer dans la chapelle Sixtine car la file d’attente est trop longue, tant pis. Ma prochaine étape est l’antique forum romain. Pour cela, je dois traverser le Fiurne Tevere et les beaux quartiers de la ville. Le nombre d’églises est impressionnant, il y en a tous les 100m !! Sans exagération, je crois pouvoir annoncer en avoir vu plus d’une trentaine en traversant la ville. Ma route arrive au cœur de la cité romaine : place Venezzia. C’est un peu comme le rond point de l’Elysée à Paris sauf que c’est à Rome et décidément ils sont fous ces Romains ! Je ne sais pas comment j’arrive à traverser le carrefour sans me faire renverser par un scooter Piaggio ou une petite Fiat. Et me voilà projeté dans la Rome antique. Les palais sont assez bien conservés mais ont été remaniés au fil des siècles. Le site est très majestueux et en point d’orgue, au bout de l’avenue romaine : le Colisée. Monument très impressionnant par sa taille et sa beauté toute blanche. Au pied du colosse, on est vraiment estomaqué par cet ouvrage si massif et aérien à la fois. Je m’y arrête pour manger et faire une petite sieste. Je repars ensuite avec l’idée de quitter Rome avant la fin de la journée. Je croise de beaux monuments : palais de la renaissance, autres sites antiques, arcs de triomphe, obélisques égyptiens, les portes de la ville et le mur d’enceinte et bien sur quelques églises. La sortie est un jeu d’enfant, les Romains étaient très bien organisés. Je prends la via Casilinia dès le centre ville et file tout droit plein est. Pour ressortir, la route descend en pentes douces le long de la voie ferrée. Le trafic se fait de moins en moins oppressant. Je quitte la grande agglomération. La plaine est belle et agréable par sa quiétude après l’enfer que je viens de subir. Arrivé à Finacchio, la route commence à remonter. Une montée soudaine et assez difficile qui va durer 15km. J’en ai plein les pattes mais il faut que je continue vers de plus petits villages, plus accueillants pour passer la nuit. Trois kilomètres avant Labico, la route commence à redescendre et les paysages sont plutôt montagneux. Je m’arrête car je n’en peux plus. A l’église, alors que je cherche le curé de la paroisse, je croise Giovanni et sa femme Dora qui sont en fait des immigrés roumains qui sont venus en Italie pour travailler. Ils me proposent une bonne douche chaude et un repas gargantuesque. Il y a profusion de viande et je suis obligé de tout manger. Je quitte la table avec quelques aigreurs d’estomac ! Par internet, j’envoie quelques nouvelles, puis je vais me coucher non sans avoir gouté la « goutte » du grand père. L’alcool roumain ça débouche ! Je m’endors comme un bébé .
19 janv. 2010
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La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.
Albert Einstein.
La jeunesse est une victoire du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
Douglas MacArthur.
C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
Nicolas Bouvier.
Albert Einstein.
La jeunesse est une victoire du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
Douglas MacArthur.
C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
Nicolas Bouvier.

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