16 nov. 2009

Toujours plus au sud






Je quitte Carmen avec les larmes aux yeux, elle a été si gentille et prévenante avec moi.
Si tout se passe bien, j’atteindrai Tarifa aujourd’hui, la ville la plus au sud de l’Espagne. Pas grand chose à dire sur cette journée. Le vent est toujours fort, mais rien à voir avec hier. Je roule sur un terrain identique à une vitesse de 15 km/h. La route est toujours plate et si inintéressante. J’ai choisi de contourner le parc naturel pour m’éviter la montagne. J’en paye les conséquences, mais au moins la route est plate et je roule sans réfléchir. J’esquive les villes de Méchina et Vejer beaucoup trop hautes pour moi. Je regrette un peu le panorama que l’on doit avoir là haut, mais définitivement l’appel de Tarifa est trop fort. Je traverse alors les vallées où les champs d’éoliennes ont complètement ravagé le paysage. Je comprends subitement les réticences de certains face à cette énergie verte en découvrant cette jolie crête bordée de monstres blancs qui obstruent la vue. Et oui la mer ! Deux semaines que je ne l’avais pas vue ! Quelle joie de la retrouver enfin. Il y a de belles plages, mais tout est trop touristique ici pour que l’on puisse apprécier la beauté du paysage. Les bars, les hôtels et les campings bordent toute la côte comme un rempart affreux entre l’océan et moi. J’entre dans Tarifa.
Là aussi, ne comptez pas venir ici pour visiter, il n’y a rien à voir mis à part des boutiques de souvenirs et de surf. D’ailleurs avec ce temps les surfeurs s’en donnent à cœur joie. Je vois une masse énorme à l’horizon et en longeant la plage, je réalise que c’est l’Afrique. Là à quelques kilomètres se dresse un autre continent. J’ai atteint le bout de l’Europe….
Il n’y a pas vraiment de symbole ici, seulement un panneau délabré dans la zone portuaire.
Je profite quelques instants d’avoir l’Océan Atlantique à ma droite et la Mer Méditerranée à ma gauche. Les bateaux partent pour Tanger ou Casablanca. et moi je reprends ma route vers le nord cette fois et vers l’est pour demain rejoindre Gibraltar. Prochaine étape « Istanbul ». Pour sortir de Tarifa, je dois monter pendant 10km jusqu’à Mirador del Estrecho.
La vue est magnifique sur la pointe de Tarifa, de Gibraltar et le Maroc. J’ai du mal à réaliser le chemin parcouru pour arriver ici….Je m’arrête dans la descente à El Bujé, petit village avant la métropole de Algéciras et Gibraltar. Comme hier, je fais du porte à porte. Personne pour m’accueillir dans un premier temps, mais on m’offre de la nourriture. Jorge et Miguel, deux frères, acceptent de me laisser dormir dans leur grange. Ils m’apportent un peu à boire et à manger. Demain je pourrai cocher un deuxième point de passage : GIBRALTAR !
Ah oui j’oubliais de vous dire qu’hier j’ai attrapé un coup de soleil (15Nov) alors qu’il neige peut être chez vous.

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La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.
Albert Einstein.

La jeunesse est une victoire du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
Douglas MacArthur.

C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
Nicolas Bouvier.
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